Quand la Mort frappa, place Tian'anmen

Publié le par Commission Amnesty



Ces manifestations, aussi appelées par le parti au pouvoir « troubles politiques de printemps et été 1989 », eurent lieu entre le 15 avril et le 4 juin sur la place du même nom dans la ville de Beijing (Pékin). Elles avaient pour but de dénoncer la corruption et demandaient des réformes politiques et démocratiques. Cette contestation s’étendit à la plupart des grandes villes de Chine.

Tout a commencé à la fin des années 80 avec le souhait du secrétaire d’état du parti communiste chinois de lancer les « Quatre modernisations » qui avaient pour but de libéraliser le système politique et d’ouvrir le pays aux investissements étrangers. En 1989, la politique du secrétaire d’état est critiquée par les intellectuels (élèves, professeurs…). Ceux-ci réclament une « Cinquième modernisation », celle de la démocratie et du multipartisme (plusieurs partis politiques officiels). Les manifestations estudiantines de 1989 sont semblables à plusieurs autres notamment en 1983, 1985 et hivers 1986, 1987. Leurs principales revendications sont la liberté d’association et la transparence (notamment le revenu des cadres).

L’ancien secrétaire général du parti communiste chinois, Hu Yaobong, meurt mi-avril 1989. Il a encouragé les réformes et était très admiré pour son courage. Des manifestations spontanées ont lieu dans tout le pays et le 22 avril le gouvernement est contraint de faire des funérailles nationales. Ce même jour des manifestations
dégénèrent dans d’autres villes.

Le 26 avril un éditorial qualifie ces manifestations de « troubles à l’ordre public ». Bien que toutes manifestations soient désormais interdites quelques 50 000  personnes manifestent à Pékin (Beijing) le 27 avril. Ce mouvement s’étend en province et grandit quand les ouvriers viennent à leur tour manifester. Le 4 mai, la manifestation qui commémore « le mouvement du 4 mai » (manifestation antijaponaise en 1919) se mélange à celle des étudiants. Lors de la visite du dirigeant russe Mikhaïl Gorbatchev, de nombreux journalistes étrangers sont présents à Beijing (Pékin) pour cet évènement historique.

Sheng Qi se coupa un doigt et photographia sa main pour se souvenir de Tian'anmen

Sheng Qi se coupa la main 1 000 étudiants vont alors entamer une grève de la faim illimitée le 12 mai sur la place Tian’anmen, profitant du grand nombre de journalistes pour être surs d’être vus. Ils seront rejoints par des étudiants de province qui campent également sur la place. Des manifestations de soutien ont lieu dans tout le pays, comptant plusieurs milliers de personnes à partir du 15 mai. Le 19 mai, un politique réformiste demande aux étudiants de mettre fin à leur grève de la faim et promet de discuter avec eux et d’essayer de trouver des solutions pacifiques. Tout le monde pense alors qu’il y aura une fin pacifique à ces manifestations.

Ce jour-là, un politique contre une résolution par négociations du conflit annonce la mise en application de la loi martiale. Des soldats de l’armée prennent alors position autour de la capitale. Les étudiants restent sur la place et dressent des barrages aux portes de la ville.
 
Monument à la mémoire des victimes, à Wrocław, en Pologne
Monument à la mémoire des victimesDans la nuit du 3 au 4 juin des soldats armés de mitraillettes tirent contre des personnes qui s’interposent sans arme. Les combats se poursuivent et l’armée progresse jusqu’à la place. Ils écrasent des manifestants encore dans leur tente avec leurs chars. La place est évacuée le matin. L’armée occupe la ville encore quelques jours et des affrontements ont lieu pendant la nuit. Le mouvement estudiantin est réprimé dans tout le pays et des milliers de personnes sont arrêtées. Selon le gouvernement chinois la majorité des manifestants n’étaient que des voyous ou des criminels qui n’avaient rien à voir avec les étudiants et que l’armée est intervenue pour sauver le socialisme. Les sources non officielles pensent que la majorité des manifestants étaient des étudiants. Selon le gouvernement chinois il n’y a eu que 300 morts dont 23 étudiants mais selon la Croix Rouge et les sources occidentales le nombre de victimes s’élève à 3000.



Ces manifestations écartèrent définitivement Zhao Zihang du pouvoir alors qu’il était secrétaire général du PCC. L’idée d’une réforme du parti ou de démocratisation est abandonnée alors que certains politiques y étaient favorables.

À l’étranger, le gouvernement chinois fut fort critiqué et l’ONU imposa un embargo sur la vente d’armes à la Chine. Les Etats-Unis arrêtèrent de coopérer et coupèrent ses lignes d’écoute de la frontière russe.




Voici une BD de fiction inspirée du massacre de Tian'an men, créée par SamSam :


Martin Jacquet

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Lunosa 31/08/2009 18:20

Merci de nous rappeler ce terrible "incident" (j'imagine que les Chinois ne doivent pas l'appeler autrement...); il s'agit là effectivement d'un bel exemple de la censure chinoise, censure bien sûr pas du tout en accord avec les traités sur les droits de l'homme... Il est grand temps que la Chine change, et que cesse cette ère d'emprisonnement pour tout qui use un peu trop de son droit à la liberté d'expression aux yeux du gouvernement...Tian an Men, entres autres, ne doit pas rester oublié (car j'ai malheureusement déjà croisé des personnes qui n'en avaient "jamais entendu parler"...)!

Commission Amnesty 26/09/2009 08:40


Notre groupe est très axé sur la sensibilisation. A ce propos, on peut trouver beaucoup de documents sur le net mais il est aussi possible d'en demander à Amnesty (affiches, livres, vidéos, etc.).
C'est le peuple qui a le pouvoir de faire changer les choses (ne serait-ce qu'en utilisant l'arme économique qu'est le boycott), donc la sensibilisation est un pilier d'Amnesty.


R 05/06/2008 21:58

Tiananmen est toujours un sujet hyper tabou en Chine et la censure se marque aussi sur internet :- Recherche de "tiananmen" sur google.com en chinois (accessible partout sauf en Chine)- Recherche de "tiananmen" sur Google Chine (le seul accessible aux ChinoisFaites le test et vous verrez la différence !

Merlin Gevers, pour la Commission Amnesty 05/06/2008 22:11


C'est un très bel exemple de la censure en Chine. Et c'est la même chose pour les termes, "liberté", "indépendance de
Taïwan", "Amnesty International", etc...