Le Tibet... une province pas si autonome

Publié le par Commission Amnesty

On appelle Tibet l’aire asiatique habitée par le peuple des Tibétains. La plupart des tibétains vivent dans la province actuelle du Xizang, aussi appelée… province autonome du Tibet (quand le Tibet était indépendant, cette région se nommait province de l'Ü-Tsang ; ci-contre, une carte du Tibet historique [ = indépendant]). Plus de 6 millions de Tibétains vivent au Tibet. Il faut ajouter qu’environ 150 000 Tibétains ont fui le Tibet et vivent actuellement en exil, principalement en Inde. La capitale historique du Tibet est Lhassa.

Les Tibétains sont majoritairement bouddhistes. Le Dalaï-Lama est reconnu par les Tibétains comme le plus haut chef spirituel du Tibet et il est devenu le chef temporel du gouvernement du Tibet depuis le XVIIe siècle jusqu'à la première moitié du XXe siècle, puis chef du gouvernement tibétain en exil encore à ce jour. La lignée des panchen-lamas est une lignée de réincarnation importante dans l'histoire du Tibet. Le panchen-lama est en effet le deuxième plus haut chef spirituel du bouddhisme tibétain. Les photos du Dalaï-Lama sont interdites, mais pas celles de l’actuel Panchen Lama, qui a été élu par la Chine et qui est de culture chinoise.

Petit historique :

  • En 1913, le 13e Dalaï Lama proclame l’indépendance du Tibet.
  • En 1914, la Convention de Simla propose que le Tibet soit divisé en deux parties ; mais la Chine ne la signera pas.
  • En 1951, l’accord qui consacre officiellement le rattachement du Tibet à la Chine est signé à Pékin (Beijing).
  • En 1965, la R. P. de Chine crée la « région autonome du Tibet » (qui n'a d'autonome que le nom).
  • Selon Amnesty International, depuis 1987, plus de 214 tentatives de manifestations pour l’indépendance ont été réprimées et les manifestants arrêtés expédiés dans des camps de travail. Tous ont été condamnés à des peines allant de 3 à 20 ans de prison.
  • Les Tibétins en exil dénoncent une destruction de la culture tibétaine, appelée par le Dalaï-Lama « génocide culturel ». En effet, durant la Révolution culturelle, de nombreux lieux de culte furent détruits. Certains sont aujourd’hui utilisés par le gouvernement chinois comme bureaux. De plus, Beijing (Pékin) encourage l’émigration de chinois de l’ethnie majoritaire (les Han) vers le Tibet, ce qui provoque une sinisation de la population. Dans le même temps, de plus en plus de Tibétains ont du mal à trouver du travail. Cette sinisation par le peuplement s’est encore accélérée depuis l’ouverture le 1er juillet 2006 de la première liaison ferroviaire Pékin (Beijing) - Lhassa. Cette ligne devrait faciliter « le contrôle chinois du Tibet et entraînera l’arrivée de nombreux migrants chinois », a déclaré le gouvernement tibétain en exil.

En mars 2008, des manifestations de Tibétains contre le pouvoir dégénèrent à Lhassa, rappelant les graves émeutes et manifestations de 1989. Elles surviennent quelques mois avant les Jeux Olympiques d’été 2008. Ces manifestations ont été inaugurées par des moines bouddhistes et ont pris de l’ampleur depuis le 10 mars 2008, date du 48e anniversaire du soulèvement du peuple tibétain de 1959 contre la mainmise de Pékin. Les autorités chinoises ont répondu en déployant la Police armée populaire. Le troisième jour des mouvements de protestation, et en fermant les monastères. Le Tibet et les zones tibétaines voisines ont été fermés à la presse ; des journalistes, aussi bien étrangers que de Hong Kong, en ont été expulsés. De son côté, le général Yang Deping a affirmé que les troupes de l’Armée populaire de libération n’interviendraient pas.

     La Commission internationale des juristes a qualifié les massacres perpétrés au Tibet par les autorités chinoises de génocide, l’ensemble des événements liés à l’occupation ayant entraîné la mort de plus d’1,2 millions de Tibétains entre 1949 et 1979 selon le gouvernement tibétain en exil et les associations luttant pour la liberté du Tibet et le respect des droits de l’Homme.




Julia et Caroline

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